Londres

S’avisant que ses projets de thĂ©Ăątre national ne pourront aboutir Ă  temps pour les fĂȘtes d’anniversaire, le comitĂ© pour le Shakespeare Memorial National Theatre dĂ©cide Ă  la place d’ériger une statue commĂ©morative, et fait l’acquisition d’un site Ă  Gower Street avec l’espoir d’y construire un thĂ©Ăątre dans le futur. En juillet 1914, la British Academy forme un Shakespeare Commemoration Committee pour prĂ©parer une cĂ©lĂ©bration internationale en Grande-Bretagne.

« Puis vint la Guerre, qui mit en piĂšces brutalement, avec bien d’autres folles illusions, le rĂȘve de fraternitĂ© mondiale qui devait ĂȘtre mis en lumiĂšre par la commĂ©moration gĂ©nĂ©rale et unie de Shakespeare. Face Ă  des tĂąches plus austĂšres, tous les projets de cet ordre devaient obligatoirement ĂȘtre diffĂ©rĂ©s. Mais il y a quelques mois, il fut entendu (et l’appel nous est venu de toutes parts Ă  l’intĂ©rieur comme Ă  l’étranger) que mĂȘme sous les conditions actuelles on ne pouvait laisser passer sans hommage le tricentenaire de Shakespeare, mĂȘme s’il fallait obligatoirement modifier l’ampleur du programme original, mĂȘme si nous n’espĂ©rons plus voir ne serait-ce que la premiĂšre pierre du ThĂ©Ăątre Shakespeare projetĂ©, ni accueillir comme nous l’avions prĂ©vu les nombreux fidĂšles de Shakespeare qui auraient souhaitĂ© participer Ă  nos cĂ©lĂ©brations. »

Ainsi Israel Gollancz, secrĂ©taire honoraire du Shakespeare Tercentenary Committee, introduisait-il A Book of Homage to Shakespeare, un volume destinĂ© Ă  « symboliser la fraternitĂ© intellectuelle de l’humanitĂ© dans l’hommage universel accordĂ© au gĂ©nie du plus grand Anglais ». L’ouvrage incluait 166 contributions en vingt-six langues de poĂštes, chercheurs, et diplomates du monde entier.

La Shakespeare Association suggĂ©ra des dispositions « nationales et ImpĂ©riales » plutĂŽt qu’ « internationales et mondiales », mais quand mĂȘme Ă©talĂ©es sur toute une semaine. Shakespeare Ă©tait sollicitĂ© de diverses maniĂšres pour faire l’éloge de l’Angleterre. L’anthologie de Francis Colmer, Shakespeare in Time of War, en dĂ©tachant les textes de leur contexte, faisant de Shakespeare le porte-paroles des gloires de la guerre. Un autre recueil d’hommages intitulĂ© Shakespeare’s England: An Account of the Life and Manners of his Age, prĂ©facĂ© par le PoĂšte LaurĂ©at Robert Bridges, incluait trente essais sur l’habitat, l’hĂ©raldique, l’agriculture, la religion, les vagabonds et vauriens, avec d’autres traits de l’impĂ©rissable merry old England.

Une farce en un acte de J. M. Barrie, Shakespeare’s Legacy, affirmant que Shakespeare Ă©tait nĂ© Ă  Glen Drumly et par consĂ©quent Écossais, fut crĂ©Ă©e en matinĂ©e au thĂ©Ăątre de Drury Lane le 14 avril 1916 at Drury Lane Theatre au profit de la YWCA. Parmi d’autres Ă©vĂ©nements mĂ©morables en ce lieu, une reprĂ©sentation de Jules CĂ©sar en prĂ©sence du couple royal, un cortĂšge de quelque deux cents acteurs prĂ©sentant des tableaux inspirĂ©s du canon, et l’élĂ©vation sans prĂ©avis au rang de chevalier de Frank R. Benson, qui portait encore son costume de scĂšne.